Crise et déraison sécuritaire

Dans les sociétés de domination, les « puissants » ont utilisé toutes les armes et les artifices pour leur pouvoir.

Avec l’effondrement du modèle soviétique, la « chute du mur de Berlin », la mutation du système économique, avec la nécessité pour les capitalistes de « purger » les coûts salariaux en mettant à la rue des centaines de milliers de salariés, provoquant ainsi une profonde destructuration sociale, il fallait bien pour les dominants, trouver des substituts aux angoisses  créées par la situation et désigner des boucs      émissaires. Et, sans doute, l’étalage morbide des faits divers par les médias vise à forger une « opinion », à désigner un « ennemi » en lieu et place du contestataire politique.

Bien sûr, les voitures brûlées dans les banlieues sont des réalités. Mais, les explications que l’on donne sur ces phénomènes visent à conforter la défense paranoïaque du système. Les risques d’explosion sociale que peuvent provoquer chômage et mutation économique (« la liquidation » de la sidérurgie lorraine ne s’est pas faite sans réaction et révolte) doivent être prévenus. Il s’agit, alors, de détourner l’attention sur des boucs émissaires, en particulier des jeunes, aux « peaux  colorées », de préférence.

On peut, ainsi, s’interroger sur le fiasco des Politiques de la Ville menées depuis 20 ans qui auront abouti à ériger tant de ghettos et de désespoir qu’il faut aujourd’hui contrôler par vidéo-surveillance ( !) avec l’assentiment des populations…

La banalisation des opinions « sécuritaires » est un frein, un obstacle quotidien à la construction de solidarités réelles nécessaires, face à l’oppression de la société libérale. Et, là aussi, « l’esprit de résistance » doit se faire entendre.

Bernard Marion
 
 
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