La force des Peuples

par Odile Mangeot

Rappelons-nous … le 11 septembre… la croisade du Bien contre le Mal, lancée par Bush, au nom de la " justice sans limite " et de la " liberté immuable "… C’est encore au nom de la lutte contre le terrorisme qu’Ariel Sharon, soutenu par Bush, a décidé l’opération " Mur de protection " dans les villes de Cisjordanie. Son but de guerre est de détruire les infrastructures terroristes et l’autorité palestinienne, représentée par Yasser Arafat.

La réalité pour le peuple palestinien, ce sont des assassinats ciblés, la destruction de ses habitations, le refus de secourir les blessés, des tirs sur les ambulances, le couvre-feu et des conditions de vie inacceptables, la confiscation de ses terres et la destruction de ses cultures, son maintien sous un régime d’apartheid inhumain et dégradant.

La réalité politique, c’est une communauté internationale qui accepte la violation des résolutions de l’ONU et du Conseil de Sécurité ( les dernières exigeant le retrait de Tsahal des villes de Cisjordanie ont été prises à l’unanimité !), qui accepte la violation des Droits de l’Homme et de la Convention de Genève relatifs à la protection des populations civiles en temps de guerre, l’acheminement des produits de base pour les hôpitaux …

Accepter même provisoirement l’inacceptable serait un désastre moral tant pour les oppresseurs que pour les opprimés. Sharon n’est pas seulement l’ennemi n° 1 des Palestiniens, il l’est aussi d’Israël lui-même "

Comment tolérer les atermoiements des Etats et de la Communauté européenne, de nos dirigeants gouvernementaux de qui l’on est en droit d’attendre des positions plus courageuses (il faut en effet prêter l’oreille avec beaucoup d’attention pour les entendre, en cette période où l’objectif est avant tout la recherche de voix pour gagner, plutôt que des positions tranchées qui pourraient en faire perdre !)   Comment continuer à attendre des décisions qui ne viennent pas : retrait des troupes israéliennes des territoires occupés, envoi d’une force internationale de protection du peuple palestinien – suspension de l’accord d’associations entre l’Union Européenne et Israël et sanctions économiques ?

 Nous pouvons douter de la volonté des Etats, de la Communauté Européenne, de l’ONU, à s’opposer à la suprématie des Etats-Unis, mais nous ne doutons pas des peuples et de leur capacité à résister et à lutter. Nous saluons le courage et la résistance du peuple palestinien, celui de tous les Israéliens pacifistes partisans d’un " autre Israël ", celui des officiers et soldats d’Israël signataires d’une lettre refusant de servir dans les territoires occupés, celui des hommes et femmes du monde qui s’interposent pacifiquement sous forme de missions civiles à Ramallah et en Cisjordanie.

Nous sommes solidaires de tous ces mouvements, déterminés à les soutenir, en relayant localement l’information, interpellant nos Gouvernants. En ce sens, nous participons aux Collectifs sur Belfort ou Montbéliard, pour poursuivre des actions communes entre associations, partis politiques ou syndicats, pour que cessent les crimes perpétrés par Sharon, pour que cessent les morts innocentes israéliennes ou palestiniennes, pour qu’existe un Etat palestinien à côté d’un Etat israélien.

Quand nous affirmons qu’un autre monde est possible, nous contribuons à sa construction en donnant place à la voix de ceux qui s’opposent, ici à la destruction du peuple palestinien, ailleurs à ceux qui luttent contre l’insécurité sociale plutôt que " d’enfourcher  le discours porteur " de l’insécurité (c’est l’objet de la conférence de Pierre Rimbert du 17 avril), ailleurs encore à ceux qui luttent pour le respect des droits des peuples, face aux marasmes économiques, conséquences d’une politique ultralibérale destructrice (en Argentine, par exemple). Nous donnons la place, par des conférences, par des références de lectures, par la promotion et le soutien à une information non asservie au pouvoir et à l’argent, le Monde Diplomatique et d’autres comme PLPL (cf article spécial dans ce bulletin) à la construction de points de résistances à une pensée qui reste " unique ", même si elle se pare d’atours plus " modernes ". "Les Amis du Monde Diplomatique  confrontent leurs points de vue avec ceux d’autres groupements associatifs, syndicaux, universitaires, etc. Ne " roulant " pour personne, ils sont en mesure de fédérer des initiatives multiples et d’élargir ainsi les espaces du civisme et de la citoyenneté. "

C’est ainsi que le peuple souverain, puisque telle est l’affirmation première de la République, pourra exercer sa souveraineté.

Odile Mangeot