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Des faits, des raisons de s’insurger, de se mobiliser

Cet article a été réalisé par la juxtaposition des extraits d’une intervention publique de Gérard Deneux et d’un article paru dans le bulletin " A contre courant " dont on vous recommande la lecture.

Abonnement à "A contre courant" : 10 euros pour 10 numéros – ACC – BP 2123 68060 Mulhouse cedex

 

En 1993, la contre réforme Balladur a fait passer le nombre, ils constatent déjà une dévalorisation considérable du niveau de retraite. Ils font d’ailleurs des d’annuités, pour obtenir la retraite à taux plein de 37,5 ans à 40 ans. Résultat : les experts sont satisfaits ; aujourd’hui prévisions qui, elles, ne sont pas médiatisées. Si aucun bouleversement social ne se produit, disent-ils, en 2040, le taux de retraite sera ramené à 40 % du dernier salaire. C’est ce que les Gouvernants appellent la réforme.

 

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A EDF/GDF, cet établissement public qui a permis la modernisation de la France et de tous les foyers les plus reculés, on savait que la résistance des salariés serait rude. Alors, on a pensé que la signature de 3 syndicats minoritaires, représentant 32,7 % des salariés, ne suffisait pas pour un accord en " trompe l’œil ". Que disait cet accord ? Vous conserverez l’acquis des 37,5 ans, mais les cotisations ouvrières vont augmenter de 7,85 % à 11 % et votre caisse spécifique va devenir une caisse d’Etat, bref, la sécurité sociale. Cette baisse des salaires, cette condition préalable pour que EDF/GDF soit privatisable (à savoir : la suppression du régime de caisse spécifique de retraite), le personnel, consulté, l’a rejetée par un vote de 54,3 % des voix, avec un taux de participation record de plus de 75 %. Les salariés ont compris le sens des mots : par exemple, celui-ci, malgré les formules alambiquées, " les prestations de retraite sont maintenues, toutefois, les prestations évolueront en regard des évolutions des régimes de retraites ", bref, rien n’est assuré.

Que disent les commentateurs et certains syndicats ? Les salariés n’ont rien compris ; ils ont peur, il faut continuer la pédagogie, relativiser cette décision (démocratique), en appeler peut-être au peuple par référendum. Pourtant, les salariés n’ont entendu qu’un " son de cloche ", celui de la direction et des syndicats favorables à cet accord ; mais, voyez-vous, il y a une incompréhension entre la base et le sommet ; les minoritaires ont raison, c’est cela la démocratie, le débat va continuer ou plutôt, le grand matraquage va recommencer ; en fait, il va reprendre de plus belle, pour modeler les consciences et culpabiliser les salariés du secteur public.

 

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Le matraquage médiatique va bientôt connaître une ampleur inégalée. On va nous asséner que les fonctionnaires sont des nantis, accrochés à leurs privilèges, des " archaïques ", des " planqués ", des " inutiles " et l’on va exciter la jalousie des salariés du privé contre eux. L’on nous répétera qu’ils sont trop nombreux, et, qu’importe s’il manque des enseignants, des médecins, des infirmières, des juges, des sapeurs-pompiers, des éboueurs, des inspecteurs du travail, qu’importe ! Car l’égalité devrait s’organiser par le nivellement par le bas, par l’alignement général sur le privé. C’est ce que l’on appelle déjà une " réforme ambitieuse des retraites pour l’égalité et la justice ".

Les " chiens de garde " (1) nous répéteront que ce n’est pas si simple : l’ensemble des inactifs à taux de chômage équivalent va s’accroître de 25 %, d’ici 2040 (quel avenir !). Mais, ce que l’on ne nous dit pas, ce que les experts écrivent, c’est que l’accroissement prévisible de la productivité, d’ici là, aura augmenté de 200 %. Bref, les actionnaires veulent détourner, à leur profit, ce gain de productivité, ils veulent casser définitivement le mécanisme de redistribution de la richesse.

(1) en référence aux livres de Paul Nizan " les chiens de garde " (édition Agone) et de Serge Halimi " Les nouveaux chiens de garde " (édition Liber Raisons d’agir)

 

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Ce que l’on ne nous dit pas, ce que certains experts non médiatiques écrivent, laisse pantois. En 1980, 29 % de la richesse produite (valeur ajoutée) par les entreprises implantées sur le territoire français, servaient à rémunérer les actionnaires. En 2000, c’est 41 % de la richesse créée qui va, aujourd’hui, dans les poches des rentiers. Cette progression spectaculaire, s’est opérée au détriment des salaires et des impôts ; donc, des dépenses publiques. Mais, il paraît que ce n’est pas assez !

En 2000, toujours, 247 000 familles sont assujetties à l’impôt sur les grosses fortunes, déductions faites de certains titres financiers, des évasions fiscales dans les paradis fiscaux et des œuvres d’art. Si l’on prend les 100 plus riches de ces 247 000 familles, chacune d’entre elles possède, en moyenne, un patrimoine supérieur à 132 millions d’euros, soit 866 millions de francs. Elles possèdent 180 fois plus que les foyers se situant juste au niveau du seuil d’imposition sur les grandes fortunes.

Il ne semble pas que, ceux-là soient des nantis, ni des privilégiés !

Bien évidemment, aucun d’entre eux n’a fait partie des 275 000 licenciés économiques en 2002, chiffre qui a augmenté de 40 % en 2 ans.

Pour les ultra-privilégiés, avoir un salaire extravagant, des jetons de présence juteux, des stocks-options à satiété, des parachutes en or en cas de licenciement, des retraites somptueuses, des gains boursiers faramineux, des placements dans les paradis fiscaux, et bien, tout cela ne suffit pas !

Parmi les 50 premiers PDG, l’on trouve par exemple :

Patrick Ricard, de Pernod Ricard. Il occupe 50 emplois, soit 5 postes de direction, 35 d’administrateur, 10 de représentations permanentes

Ernest Antoine Sellière est plus modeste : il occupe seulement 17 emplois.

 

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Bonne année à Jean-Marie Messier qui, en 2001, a reçu 36,26 millions d’euros (237 millions F) soit un RMI (389,10 €) toutes les 34 secondes.

Bonne année aussi à Lindsay Owen-Jones, PDG de l’Oréal, 21,26 millions d’euros , soit un RMI toutes les 58 secondes.

Et, bonne année, enfin, à la médaille de bronze, Jürgen Dormann, PDG d’Aventis, 17,22 millions d’euros, soit un RMI toutes les 71 secondes.

Toutes nos condoléances à Michel Bon, PDG de France Télécom, qui n’avait qu’un salaire de misère de 279 116 euros par an (ça fait quand même 150 000 F par mois).

Bonne année, aussi, aux 10 % d’administrateurs des sociétés du CAC 40, qui détiennent 42 % des mandats de conseils d’administration. C’est quand même plus simple comme ça !

Excellente année et bonne santé aux administrateurs des groupes Michelin, Air Liquide, Lagardère et l’Oréal, dont la moyenne d’âge dépasse 65 ans. A l’heure où tant de mauvais Français ne pensent qu’à la retraite, il est réconfortant de constater qu’il y a encore des courageux qui ne regardent pas à la fatigue.

Condoléances aux prostituées, dont les amendes ont doublé.

Très bonne année à tous les " chanceux " qui, une fois encore, " bénéficient " de l’aumône de Noël de 150 €.

Excellente année à François Grappotte, PDG de Legrand, qui, en plus d’indemnités conséquentes, s’est assuré un " parachute doré " qui lui garantit toute sa vie au moins 50 % de ses rémunérations actuelles (soit une base, de l’ordre de 3 millions d’euros par an).

Bonne année à tous les patrons qui ont touché de tels " parachutes dorés " dont les 357 740 premiers euros ne sont pas imposables (2 350 000 F).

Et … Condoléances à la France d’en bas

Mais, gare à la revanche, quand tous les pauvres s’y mettront.

d’après " AC-forum "


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