Accueil | Bulletins | Agenda | Contacts

 

Affirmons notre radicalité

Contribution de Fabien Desgranges

 

Les manifestations anti-guerre, à Belfort, des 15 février et 15 mars, auxquelles nous avons largement contribué, ont été de réels succès et ont mobilisé un public large qui partage des valeurs de paix, mais, au-delà, de volonté de lutter contre l’hégémonie américaine. Nous avons pu, par notre organisation interne (à travers la répartition des tâches) amener un certain nombre de citoyens qui, tout en étant conscients des enjeux de la guerre en Irak, ne voyaient pas toujours, a priori, l’utilité de manifester dans la rue. Nous avons clairement exprimé pendant les manifestations notre opposition à l’impérialisme américain et notre soutien aux populations directement concernées par cette " busherie ". Ce travail de diffusion d’idées (celles du Monde Diplomatique) par nos conférences-débats, et la volonté de les concrétiser localement par un appel de chacun(e) à se positionner clairement, grâce à un engagement fort en dehors des institutions, commence à porter ses fruits. Les Amis de l’Emancipation Sociale vont continuer dans cette voie et chaque citoyen pourra compter sur nous pour qu’un mouvement populaire d’ampleur se poursuive, compte tenu des différents rendez-vous qui nous attendent (guerre en Irak et ses conséquences, casse du système des retraites en France, négociations à l’OMC contre les services publics et marchandisation accrue du monde, privatisation de l’éducation, accélération de la criminalisation des mouvements sociaux en Europe …).

Pour ces combats futurs à mener et pour les objectifs que nous devons tenir dans l’association (lutte contre la mondialisation libérale et construction d’un monde fondé sur d’autres valeurs) , il est important que nous analysions la question de notre " radicalité " en rapport à la répression effective des mouvements sociaux contestant le système dominant.

Le masque démocratique de nos Gouvernants étant en train de tomber, une démagogie " totalitaire " réduit, depuis un certain temps, toute critique du système au mieux à une ignorance, au pire, à de " l’extrémisme ", à du " fondamentalisme ", à du " radicalisme " …

Le radicalisme n’est pas un concept à proprement parler : une pensée peut être radicale mais elle ne le sera que par rapport à une autre, qu’on qualifiera de superficielle. Ajoutons d’ailleurs qu’un discours et une action radicale ne sont que les conséquences d’une pensée qui, seule, peut être qualifiée de radicale. Il nous faut être vigilant quand la " veulerie " aime à confondre pensée-discours-action radicaux avec sectarisme-fanatisme-violence. De tels glissements, sciemment effectués, ont pour but de borner nos pensées aux limites admises par la pensée dominante. La vague " politiquement correcte " engendre la pensée " unique " qui présage de prochains " crimes contre la pensée ". Ce n’est plus en termes qualitatifs qu’on " agrée " une pensée, mais en quelque sorte, selon la " quantité " de radicalité qui la ferait tomber dans l’enfer des extrémismes qui se rejoignent (fascistes, anarchistes, islamistes, écologistes …) bref, le terrorisme.

Il nous faut donc œuvrer fortement à la cohérence de notre mouvement pour constituer un pôle radicalement anticapitaliste, opposé à l’idéologie bourgeoise qui fait primer l’argent sur le travail. Certains " névrosés du chiffre " argueront que de telles positions " sectaires " nous couperaient d’une grande partie de la … masse. Encore la quantité aux dépens de la qualité ! La réduction des pensées multiples et diverses à un discours commun se solde toujours par une perte de radicalité (au sens défini auparavant). Or, il importe que le but quantitatif (un large front de résistance) ne nous fasse pas oublier la fin qualitative : le démantèlement du système de domination capitaliste dont la mondialisation néo-libérale est un aboutissement politique.

Nous avons intérêt (parallèlement aux actions que nous poursuivons) à prendre le temps de clarifier nos pensées, d’accorder nos discours afin de réagir à la criminalisation du mouvement social et à tout discrédit jeté sur les mouvements qui pensent différemment du système.

Fabien Desgranges

 

Nous lançons un appel à tous et à toutes pour nous rejoindre encore plus nombreux et déterminés. Vous pouvez aussi nous soutenir financièrement en adhérant à l’association des Amis de l’Emancipation Sociale (AES) (10 euros) ou en nous envoyant des dons. Ceci nous aidera à poursuivre notre travail d’éducation populaire ainsi que les actions que nous lançons sur le terrain pour réussir à convaincre qu’un " autre monde est possible ".

Envoyez vos adhésions et vos dons à Fabien Desgranges – 29 rue de la Libération – 70290 Champagney -


Accueil | Bulletins | Agenda | Contacts